Orientation scolaire : apprendre à se connaître avant de choisir un métier
« Je ne sais pas ce que je veux faire plus tard.»
Beaucoup de parents entendent cette phrase lorsqu’ils abordent l’orientation avec leur adolescent. Elle inquiète, interroge, crée parfois des tensions. Faut-il lui proposer des métiers, l’encourager à choisir, multiplier les recherches de formations ?
Avant tout cela, une étape mérite toute notre attention : apprendre à se connaître.
L’orientation scolaire est une démarche progressive. Elle aide un jeune à comprendre qui il est, à repérer ses ressources, à identifier ce qui l’anime et à découvrir les possibilités qui s’offrent à lui. À L’EnVolée, à Rennes, j’accompagne les adolescents dans cette exploration, pour construire un projet qui leur ressemble.
Pourquoi la connaissance de soi est la première étape de l’orientation ?
Demander à un adolescent ce qu’il veut faire plus tard, c’est lui demander de se projeter dans un monde professionnel qu’il connaît encore peu. Ses représentations des métiers, des études et des environnements de travail sont souvent très partielles.
Qu’il ne sache pas répondre ne signifie pas qu’il manque de motivation. Il a peut-être simplement besoin de temps, d’expériences et de repères.
Ne pas réduire un jeune à ses résultats scolaires
Les notes renseignent sur des acquis, dans un cadre précis. Elles ne disent ni toute la personnalité d’un jeune, ni l’ensemble de ses talents.
Un adolescent peut être créatif, savoir écouter, organiser, observer, prendre des initiatives ou fédérer un groupe, sans que cela apparaisse dans son bulletin. Il peut aussi ne pas voir ses propres qualités, parce qu’elles lui semblent naturelles. L’accompagnement permet de porter un autre regard sur soi et de mettre des mots sur ses capacités.
Aller au-delà des premières réponses
« J’aime le sport », « j’aime dessiner », « j’aime aider les autres » : ces phrases sont un bon point de départ, mais elles méritent d’être approfondies. Prenons le sport. Ce qui attire un jeune peut être très différent d’un autre :
- le plaisir de bouger et de ressentir son corps ;
- le goût du défi et du dépassement de soi ;
- l’envie de progresser et de mesurer ses avancées ;
- le plaisir de partager avec une équipe ;
- l’intérêt pour la stratégie et l’analyse.
Derrière une même activité se cachent des motivations et des besoins très différents. C’est en les explorant que l’on peut relier ses expériences, son fonctionnement personnel et de futures pistes d’orientation.
Trois dimensions pour construire un projet d’orientation qui a du sens
Je propose d’explorer trois dimensions complémentaires : les forces et ressources, ce qui met en joie, et ce qui fait sens. L’objectif n’est pas d’enfermer un jeune dans un profil, mais de l’aider à comprendre ce qui le caractérise, ce sur quoi il peut s’appuyer et ce qu’il souhaite développer.
1. Identifier ses forces, ses ressources et ses talents
Quelles sont ses qualités ? Dans quelles situations se sent-il à l’aise ? Quelles difficultés a-t-il déjà surmontées ?
Les talents dépassent largement les compétences scolaires : créativité, écoute, organisation, persévérance, curiosité, habileté manuelle, sens de l’initiative, aisance à s’exprimer… Les loisirs, les engagements et les expériences de vie sont autant de sources d’information. Prendre conscience de ces points d’appui renforce la confiance en soi et élargit la vision de ses possibilités.
2. Découvrir ce qui le met en joie et lui donne envie d’agir
Qu’est-ce qui éveille sa curiosité ? Dans quelles activités perd-il la notion du temps ? Qu’aime-t-il découvrir, expérimenter, partager ?
Il ne s’agit pas seulement de lister des loisirs, mais de comprendre ce qui se joue derrière. Un jeune qui aime créer peut préférer imaginer, concevoir, fabriquer ou présenter. Un autre qui aime aider peut être attiré par la transmission, le soin ou la résolution de problèmes. Ce qui met en joie n’indique pas un métier, mais constitue de précieux indices sur les activités et les environnements qui pourraient lui convenir.
3. Identifier ce qui fait sens pour lui
Qu’est-ce qui compte vraiment à ses yeux ? Quelles valeurs souhaite-t-il retrouver dans ses futures activités : contribuer, créer, transmettre, protéger, entreprendre, prendre soin ?
La question du sens est personnelle. Certains seront sensibles à l’autonomie, d’autres à la coopération, à la créativité, à la sécurité ou à l’utilité de leur action. Ces critères aident à choisir, au-delà du simple prestige ou de la réputation d’un métier.
À la croisée de ces dimensions, des pistes apparaissent
Ces trois dimensions ne sont pas trois listes séparées : c’est en les mettant en relation que des pistes émergent. Un jeune qui aime comprendre, a le sens de l’analyse et accorde de l’importance à la transmission pourra explorer des domaines très différents de ceux qu’il imaginait.
Il ne s’agit pas de déduire un métier à partir de quelques qualités, mais de formuler des hypothèses, de les questionner et de les confronter progressivement à la réalité.
De la connaissance de soi à l’exploration des métiers et des formations
Mieux se connaître est essentiel, mais ne suffit pas. Il faut ensuite ouvrir le champ des possibles.
Élargir sa vision des métiers et apprendre à s’informer
Les adolescents connaissent souvent quelques métiers, par leur entourage, les médias ou les réseaux sociaux. Explorer l’orientation, c’est découvrir la diversité des secteurs, des missions et des environnements de travail. C’est aussi dépasser certaines idées reçues : un même métier s’exerce dans des contextes variés, un secteur rassemble des fonctions très différentes, plusieurs parcours peuvent mener à des activités proches.
Il est utile d’apprendre à poser les bonnes questions. Que fait-on réellement dans ce métier ? Dans quel environnement ? Quelles formations y mènent ? Les fiches métiers et les sites d’orientation sont des ressources précieuses, à compléter par des témoignages, des portes ouvertes, des stages et des rencontres.
Tester ses idées avant de choisir
Une rencontre avec un professionnel, un stage d’observation ou une expérience associative permettent de découvrir une activité concrètement. Ces expériences peuvent confirmer une piste ou conduire à l’abandonner. Changer d’avis à la lumière de nouvelles découvertes n’est pas un échec : c’est une manière d’apprendre à choisir. L’orientation est un cheminement, avec parfois des ajustements et des détours.
Le rôle des parents : accompagner sans choisir à la place de son adolescent
Les parents souhaitent aider leur enfant à trouver sa voie. Pourtant, les questions répétées, les échéances scolaires et la crainte de se tromper peuvent renforcer la pression. Comment trouver la bonne posture ?
Écouter sans chercher une réponse immédiate
Un adolescent n’a pas toujours besoin de répondre tout de suite à la question « Que veux-tu faire plus tard ? ». Il peut avoir besoin de parler de ses hésitations, de ses envies contradictoires ou de ce qu’il ne connaît pas encore. Accueillir ses réponses sans jugement, même lorsqu’il dit ne pas savoir, permet de garder le dialogue ouvert.
Encourager la découverte et l’autonomie
Les parents peuvent ouvrir des possibilités : rencontrer un professionnel, visiter un établissement, tester une activité. Ils peuvent partager leur propre parcours, sans l’imposer. Construire son orientation, c’est aussi apprendre à faire des choix et à les ajuster. Le rôle des parents est d’être présents, d’encourager et de soutenir, en laissant progressivement la responsabilité des choix à leur enfant.
Un accompagnement en orientation personnalisé à L’EnVolée, à Rennes
Chaque jeune a son histoire, ses ressources et ses aspirations. Il n’existe donc pas de parcours d’orientation identique pour tous.
En tant que psychopédagogue et coach en orientation, j’accompagne les adolescents et les jeunes dans leur démarche de connaissance de soi, d’exploration et de construction de projet. Mon approche associe échanges, réflexion personnelle, activités et outils adaptés à chaque situation, en tenant compte des dimensions cognitives, émotionnelles et relationnelles.
L’accompagnement s’organise en quatre étapes :
- Mieux se connaître : explorer ses forces, ses intérêts, ses motivations et ses critères personnels.
- Explorer les possibles : découvrir des secteurs, des métiers et des formations.
- Clarifier ses choix : relier ses découvertes à ses aspirations et ajuster les pistes envisagées.
- Construire un plan d’action : identifier les démarches, les informations à recueillir et les expériences à vivre.
Ce cheminement demande du temps. Il ne s’agit pas de produire une réponse immédiate, mais de permettre au jeune de construire des choix plus éclairés. Les rendez-vous ont lieu à L’EnVolée, à Rennes, ou en visio.
Vous êtes en questionnement professionnel vous-même ? Je propose aussi un accompagnement à la reconversion.
S’orienter, c’est apprendre à se connaître pour mieux choisir
En reconnaissant ses talents, en comprenant ce qui l’anime et en identifiant ce qui fait sens pour lui, le jeune se donne des repères pour explorer. Il peut alors passer de « Je ne sais pas quoi faire » à « Je commence à comprendre ce qui pourrait me correspondre ».
L’objectif n’est pas de lui dessiner un avenir tout tracé, mais de lui donner les moyens de devenir acteur de son orientation.
Avant de chercher un métier, apprenons à nous connaître. C’est souvent là que commence une orientation qui a du sens.

